Formose de Li-Chin Lin 林莉菁

(Cet article ne reprend pas exactement le contenu de l’article en anglais, donc n’hésitez pas y jeter un coup d’œil ! 😛 )

Aujourd’hui, je me remue les méninges pour vous concocter, non sans peines, une petite revue littéraire ; ou plus humblement parlant, pour partager mes impressions sur l’œuvre illustrée de Li-Chin Lin 林莉菁, intitulée Formose, qui a d’abord été publiée en français, puis en chinois.

Suite à une introduction de cet ouvrage sur le site “Lettre de Taïwan”, j’avais retenu le titre dans un coin de ma tête. Quelques mois plus tard, lors d’un après-midi rôtissant, c’est en allant chercher un coin de fraîcheur dans une librairie Eslite que mon regard s’est attardé sur《我的青春、我的FORMOSA》, enfin surtout le mot FORMOSA car les caractères chinois ayant tendance à me mettre dans un état d’anxiété aiguë, je les ignore volontairement.

Bref, cela a fait tilt dans ma tête, et après vérification sur mon smartphone, j’ai eu la confirmation qu’il s’agissait bien de la version chinoise de Formose. Aux grands maux les grands remèdes, j’ai acheté le livre afin de mieux dompter ces sinogrammes, tout en espérant apprendre une ou deux choses sur l’histoire et la politique de Taïwan. Et de manière générale, je recommande à tout les apprentis en Mandarin d’aborder l’histoire directement en Chinois, ça n’en sera que plus enrichissant.

Alors, Formose c’est quel genre de bouquin ? Eh bien, c’est le bouquin que j’aurais voulu avoir lors de mon premier voyage à Taïwan. Celui que j’aurais apprécié découvrir lorsque j’avais soif d’en connaître plus sur Taïwan et ne savait pas par où commencer.  C’est aussi un ouvrage approprié pour l’apprentissage du Chinois, que j’aurais voulu utiliser pour m’entraîner à la 閱讀. Bref, un livre que toutes les bonnes bibliothèques devraient avoir dans leurs collections1 !

Pour un bon résumé et un aperçu du livre, je vous conseille vivement l’article Taïwan, B.A.-BA en BD. La blogueuse y recommande judicieusement de lire le point historique situé à la fin du livre, et elle a bien raison, car pour les lecteurs n’ayant aucune notion culturelle de Taïwan, la compréhension de l’histoire risquera d’être rude.

Formose - WSR
Formose Li-Chin Lin 林莉菁, page 32.

Loin d’être une experte en ce qui concerne l’histoire politique et la culture à Taïwan, je tenais quand même à attirer l’attention sur les WSR, WàiShěngRén 外省人, un mot qui littéralement traduit veut dire “les gens de la province extérieure”. Dans le contexte de Taïwan, ce mot désigne la vague des chinois qui se sont exilés sur l’île avec Chiang Kai-Shek, après la deuxième guerre mondiale.

À l’opposé, il y a les  本省人 Běn​Shěng​Rén (BSR) ou 本地人 běnrén, qui signifie “les gens originaires/natifs de la province”. Les chinois qui ont immigrés à Taïwan à partir du 17ème siècle appartiennent à ce groupe.

Bien sûr, n’oublions pas que les premiers habitants de l’île était des aborigènes, qui eux, n’ont aucun lien avec les chinois.

J’étais déjà familiarisée avec ces termes, WSR et BSR, mais c’est à travers Formose, que j’ai vraiment saisi le clivage entre ces deux groupes. Dans la forme, tout le monde est chinois, mais dans le fond, les choses sont bien plus compliquées et nuancées. L’arrivée des WSR a été un vrai choc culturel avec les BSR qui eux, sortaient d’une période de 50 ans sous domination japonaise. Avec le KMT au pouvoir, les WSR ont bénéficié d’un traitement préférentiel et en on profité pour imposer leur culture, ce qui créa une tension sociale entre les deux groupes.

Cette distinction WSR/BSR est importante pour mieux comprendre la dynamique actuelle de la politique à Taïwan, et en particulier l’état d’esprit des générations qui on vécu cette transition chaotique. Néanmoins ce clivage semble s’atténuer du fait d’une jeunesse qui se considère de plus en plus Taïwanaise.

Formose a reçu le Prix Littéraire des Lycéens de la Région Île-de-France en 2012. Lors de la remise des prix, Li-Chin Lin a donné un petit discours où elle ne mâche pas ses mots !

Pour écumer quelques pages du livres, un extrait de six pages est disponibles sur GRANDPAPIER.

Avec les événements récents à Taïwan, en particulier le Mouvement Tournesol des étudiants et cette identité Taïwanaise qui s’affirme, Formose mériterait bien une suite. L’histoire et la politique racontés à travers un manga, c’est quand même plus chouette non? 🙂

En savoir plus:

 


  1. Et si ce n’est pas le cas, faites une demande pour qu’elles en acquiert une copie ! 

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